Au troisième jour, le lion
De son invisibilité, déambula
Les avenues glaciales de son ascension
Et en lui eut lieu tous les débats
D'abord, il n'y a point de bien
Et point de mal; seulement la réalité
Ne les cherchez pas, car en vain
Sur une impossibilité, vous chuterez
Ensuite, tout ce produit pour une raison
Mais ne cherchez point de raison à
l'action
Telle la beauté, elle est
inexplicable
Et d'admettre le contraire serait
l'irréparable
Et, parlant de la beauté, elle est en
toutes choses
Elle ne connaît aucune valeur préétablie
Et en elle règne la subjectivité; gloire à
celui qui ose
Tenir les rênes rebelles de son interne
poésie !
Certes, le lion comprit énormément en
disparaissant
Le monde n'était peut-être pas prêt pour
lui
Mais qu'en a-t-il à faire lorsqu'en lui
brûle la vie ?
Et qu'elle ne connaisse la satiété,
l'aveugle épanouissement ?
Le lion comprit aussi qu'il devra bientôt
rugir
À ses pieds, la patrie qu'il tente
d'atteindre, d'unir
Et qu'il tantôt cherchait tant à fuir
Devra, sous son poids, fléchir
Ou alors
mourir
Alors le lion comprit que la première
bataille se mènera au cœur même de sa patrie
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